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La solidarité québécoise comme inspiration économique

Photo courtoisie –

Jean-Denis Garon, député du Bloc québécois dans Mirabel, réagit aux tarifs des États-Unis.

La solidarité québécoise comme inspiration économique

Publié le 07/03/2025

Alors que Donald Trump a mis ses menaces à exécution en imposant des droits de douane de 25% aux importations canadiennes et mexicaines, le Québec et le Canada sont appelés à se serrer les coudes pour diversifier ses marchés et augmenter sa productivité.

Jean-Denis Garon, député de Mirabel pour le Bloc québécois, réagit aux tarifs et à la réponse du Canada. Il invite les entreprises à entrer en contact avec lui pour partager leur réalité et leur défi dans le contexte actuel.

Alors que le Canada s’est toujours appuyé sur ses bonnes relations commerciales avec son voisin du sud, le député déplore que « le Canada fasse semblant que le problème vient de l’intérieur ». Et il répète que « si le Bloc était inutile, il ne dérangerait pas autant Ottawa, mais dès qu’on défend nos industries et nos travailleurs, on devient la cible de ceux qui voudraient nous voir disparaître ».

C’est d’autant plus vrai avec les secteurs économiques qui sont présents à Mirabel. « Ottawa a abandonné nos industries trop souvent. Il n’y a pas de stratégie fédérale de l’aéronautique. La gestion de l’offre en agriculture est attaquée de plein fouet. Le Bloc est là pour rappeler que le Québec n’est pas une province comme les autres, et qu’on n’acceptera pas de payer pour les erreurs des autres ».

D’ailleurs, le député s’inquiète de l’anxiété des citoyens et des entreprises devant l’incertitude économique actuelle. S’il reconnaît que la crise est d’une ampleur qui rappelle la pandémie, le professeur d’économie souligne que « pendant que le reste du monde investit massivement dans ses infrastructures et sa productivité, le Canada, lui, se contente de gérer les crises au cas par cas, sans vision d’ensemble. » Il s’indigne qu’il n’existe qu’un seul chemin de fer et un seul transporteur national, et que celui-ci doive laisser passer les trains de marchandises. Même chose pour le transport de grain par camion ou pour les compagnies aériennes qui n’arrivent pas à servir adéquatement leurs clients dans les deux langues officielles.

L’avantage québécois

L’utilisation de tarifs est une stratégie du 17e siècle selon le professeur d’économie, mais Jean-Denis Garon nous suggère plutôt de consulter un professeur de psychologie pour vraiment comprendre ce qui se passe dans la tête du président américain.

Ce qui permettra peut-être au Québec de tirer son épingle du jeu selon lui, c’est qu’ici, « on connaît ça, la solidarité ». Les possibilités à l’international sont florissantes et il suggère de « bâtir une vraie stratégie pour que nos entreprises n’aient pas à vivre au rythme des caprices de Washington. » Ce qu’il propose est simple : « Un Québec fort, capable de négocier ses propres ententes et de bâtir son avenir sans attendre après Ottawa. ».

Le député espère que les entreprises touchées par les politiques économiques américaines entrent en contact avec son bureau pour prendre le pouls de la région, pouvoir les aiguiller vers les ressources actuelles et pouvoir défendre leurs intérêts dans une stratégie globale lorsque viendra le temps de siéger en chambre avant ou après les prochaines élections.

Tout comme les programmes mis de l’avant par le gouvernement provincial, M. Garon reconnaît qu’il y a longtemps qu’on a identifié le manque de productivité de nos entreprises et les investissements nécessaires pour moderniser nos chaînes de production. Il souligne qu’il faut s’ouvrir davantage aux marchés internationaux et ainsi profiter de nos traités de libre-échange avec l’Europe et avec l’Asie pacifique.

Il rappelle d’ailleurs qu’« à aucun moment dans l’histoire du Canada, et de surcroît en temps de crise, la solution efficace et rapide n’aura été d’asseoir les dix provinces ensemble pour établir une stratégie commune. » Il réfute aussi l’argumentaire voulant que pour sortir de la crise, le Québec doive assouplir ses réglementations au niveau de l’affichage du français pour faciliter le commerce interprovincial. Il s’agit selon lui d’une énième tentative du Canada d’assimiler les Québécois et il réitère : « La solidarité, au Québec, on n’a pas attendu après Ottawa pour la comprendre. C’est dans notre ADN. Ce n’est pas le Canada qui va nous montrer comment nous serrer les coudes. Au contraire, il pourrait prendre des notes sur ce qu’on fait ici. »